Q. L’année dernière vous ne vous êtes pas gagné le classement des US Open séries. Cela augmente-t’il la pression à laquelle vous faites face ? Etes-vous impatient de tenter d’accomplir cet objectif cette année ?
Roger Federer : Non, aucune pression. En fait, plutôt de l’impatience. C’est une grosse dotation . La plus importante dans le domaine du tennis. Mais, bien sûr, vous ne l’optenez que si vous gagnez. Il y a donc un bon bout de chemin à faire.
Comme je le disais, les buts sont pour moi de toujours essayer de revenir pour défendre un titre. Si vous avez des attentes plus hautes, c’est génial. J’ai eu un bon parcours jusqu’à maintenant, Montréal et Cincinnati. Je suis vraiment content de mon état physique. Heureusement, maintenant je peux débuter avec une bonne victoire au premier tour.
Q. Vous avez battu Tim Henman hier. Il a annoncé sa retraire tennistique pour le mois d’Août. Comment cela s’est-il passé quand vous avez su qu’il prenait sa retraite ? L’aviez vous su avant les autres ?
Roger Federer : C’est fut une révélation. Je ne le savais pas parce que je ne lis pas les journaux anglais tous les jours. Il m’a demandé si je voulais le rencontrer, en quelques sortes, une dernière fois. Je lui ai dis à peu de chose près : “De quoi parles-tu ? C’est la fin ou quoi ?”
Alors oui, je me suis dit que ce fut un autre genre de rencontre. Presque triste à vrai dire. C’est une de nos dernières parties à jouer ensemble. Je pense qu’il a été un joueur, ainsi qu’une personne exemplaire. C’est toujours une grande peine quand quelqu’un comme lui se retire. Je veux dire, il a donné tout ce qu’il avait. Au bout du compte, les blessures ont eu le dessus. Il a une famille géniale maintenant, alors il est impatient de voir ce que la vie lui reserve à l’avenir.
Q. Il avait l’air en forme contre vous.
Roger Federer : Oui, vraiment en forme. C’est pourquoi il ne devrait pas se retirer. Non, je plaisante.
Il est le mieux placé pour savoir cela. Je me suis battu contre lui pendant des années. Il m’a battu à Wimbledon. Il m’a battu, chez moi, deux fois. Il m’a battu dans des lieux où cela faisait vraiment mal. Mais je lui ai rendu la pareille à quelques reprises, ce qui n’est pas mal non plus.
Q. Les matchs nocturnes à l’US Open, est-ce quelque chose que vous attendez avec impatience, ou sinon, plutôt quelque chose qui vous dérègle ?
Roger Federer : Non, j’aime les sessions de nuit. Certes, je préfère jouer le jour, pour être honnête. Même si les horaires sont dures, vous savez : vous finissez tard, ensuite c’est difficile de se remettre dans le rythme. Mais quand même, jouer le soir me plait, parce que c’est un peu plus spécial, stimulant. Les spectateurs viennent en grand nombre.
Ouais, en quelques sortes, vous avez toujours l’impression de mieux jouer la nuit, plutôt que quand il fait jour.
Q. Pourriez-vous nous donner un de vos matchs favoris ?
Roger Federer : J’ai beaucoup aimé celui contre James Blake l’année dernière. J’ai trouvé que c’était plutôt un bon match. Je ne sais pas si on considère les finales comme étant dans les sessions de nuit, elles se jouaient pourtant souvent la nuit. J’en ai eu de pas trop mauvaises aussi.
Q. Que pensez-vous des nouveaux arrivants, comme par exemple Djokovic, ou encore Murray ?
Roger Federer : Eh bien, je pense que la nouvelle génération s’est annoncée depuis maintenant un an. Il y a un an ils étaient encore très jeunes. Cela dit, ils sont tous très bons vous savez. On pouvait déjà dire que l’un d’entre eux serait bientôt une révélation. Ce fut Djokovic qui le fut le premier, même s’il semblait que Murray le devançât. Il a eu des soucis de blessures. Qui sait ce qu’il aurait pu réaliser aux Internationaux de France et à Wimbledon : il était bléssé. Gasquet a su lui aussi faire parler de lui en accédant aux demi-finales à Wimbledon. Il reste encore Berdych, Baghdatis, tous ces mecs qui ont la capacité de faire beaucoup parler d’eux.
Je pense, sans hesiter, que c’est maintenant que les jeunes frayent leur chemin. Je pense que doucement mais sûrement ils se préparent à remporter de grands tournois, comme Djokovic a été capable de gagner quelques Masters Series cette année. Cela va être intéressant de voir comment ils vont s’en sortir lors des Grands Chelems.
Q. Cela remonte à tellement longtemps depuis que vous avez perdu ici. Qu’est-ce que cela vous fait ?
Roger Federer : Oui, cela fait longtemps, ce qui est une bonne chose (il sourit). Nalbandian était un de ceux contre qui je ne savais pas comment jouer, vous voyez. Ce match fut peut-être pour moi comme un demi-tour, parce que ce fut probablement la dernière fois que je perdais contre lui en cette période, ensuite je l’ai battu quelques autres fois, puis il m’a battu en finale à Shanghai. Je me souviens de ce match, d’être rentré dans ce match, et de m’être senti bizarre. Je m’apprêtais à gagner le premier set. Alors je me suis dit, “ça y est, j’ai trouvé comment jouer maintenant”. Je me retrouvais ensuite mené 5 jeux à 0 dans le second set, alors je me suis dis : “Ok, je n’ai toujours rien compris”. Il y a eu ensuite une intérruption dûe à la pluie. Je suis revenu dans le score, et ai fini par perdre 7/6. En fait, je le verrai bien refaire un bon parcours ici, à nouveau. Je trouve qu’il est un cogneur fantastique. Je suis confiant : il peut encore faire de grandes choses ici à L’US Open.
Q. Après avoir perdu à Montréal vous avez dit vous sentir bien, que perdre une fois de temps en temps, ce n’était pas un drame.
Roger Federer : Je n’ai pas dit cela juste après le match, je l’ai dit une semaine après. Il y a une différence.
Q. A la suite de vos défaites, trouvez-vous une façon d’en tirer profit et de refaire une mise au point ? Cela aide-t’il votre jeu sur le long terme ?
Roger Federer : C’est une bonne chose quand on perd, et que l’on se remet à jouer tout de suite après. Il ne faut pas rester trop longtemps sur cette défaite. Si tu te remets à jouer, et que tu perds à nouveau, c’est ok, ça arrive. C’est juste pas de chance que ce soit arrivé. Tu essaies alors de retravailler ton jeu. C’est plus dur si lorsque tu perds, tu t’arrêtes de jouer pour par exemple un mois. Pendant un mois, tu penses à ce match en particulier, et tout le monde ne parle plus que de ça.
Le match que j’ai joué contre Stepanek n’était pas si mauvais. J’ai joué une semaine excellente semaine de manière générale. Je n’ai pas perdu un set jusqu’aux finales. J’ai bien joué contre Lleyton, ainsi qu’aux demi-finales contre Stepanek. A vrai dire, j’étais plutôt satisfait de ma forme physique.
Puis à nouveau, je me suis fait du mouron à propos de mes résultats irréguliers à Cincinnati. Je ne savais vraiment pas comment cela allait se passer. Je trouvais que j’avais eu un tableau relativement dur là-bas, après tout. Je me battais vraiment avec mon rythme. Finalement, j’ai joué mon meilleur tennis le jour des finales. C’est comme ça que j’ai gagné une bonne partie de mes 50 titres : en jouant mon meilleur tennis lors des finales.
Q. Pensez-vous qu’il serait mieux, pour vous, de transformer les matchs de 3 sets gagnants, en matchs de 5 sets gagnants?
Roger Federer : Je préfère les matchs en 5 sets. Je pense simplement qu’il s’agit alors plus d’une bagarre. C’est plus intéressant. Oui, cela permet à ton adversaire de se remettre dans le match. Il faut donc que tu te débarrasse de lui, parce que dans un match en 3 sets gagnants, tu fais une erreur et tu es hors-jeu ; ça arrive tellement vite. Alors qu’avec un match en 5 sets, le meilleur joueur gagne en général. C’est ça que j’aime avec les matchs en 5 sets.
Traduction de 1001actus.com à partir de l’interview de usopen.org
Publié par lizard le 27 août 2007 | Sport, Actualités

